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Le cerveau magicien

Publié le Catégories Tous, Colloques

Autour de l’ouvrage de Roland Jouvent « Le Cerveau magicien, remedy diagnosis de la réalité au plaisir psychique » Editions Odile Jacob 2009.

Le jeudi 17 mars 2011 de 18h à 21h

Salle 027C (rez-de-chaussée) de la Halle aux farines

Esplanade Pierre Vidal-Naquet – Paris 13°( M° Bibliothèque Fr. Mitterrand)

Peu d’ouvrages de psychiatrie, recipe de neurobiologie ou de psychanalyse inscrivent le plaisir comme faisant partie de leur champ d’investigation. L’hypnothérapie médicale aborde les maux par la douleur, les psychothérapies par la souffrance. Roland Jouvent ne craint pas de donner comme sous-titre à son ouvrage : de la réalité au plaisir psychique. Qu’entend-il par réalité et par plaisir psychique et comment les avancées des neurosciences et les techniques de l’imagerie cérébrale lui font-elles reconstruire ce qui est du corps et ce qui est de la psyche ?

Ces questions ancestrales sont, en effet, recroisées par lui à partir des expériences neurobiologiques concernant les interactions multiples des systèmes sous-corticaux et corticaux. Quelques découvertes récentes ont pour lui la même importance que la découverte de la circulation sanguine par Harvey au XVIIème siècle : celle de la « simulation » montrant que l’imagination du mouvement active –presque – les mêmes zones du cortex moteur primaire que les mouvements effectués, celle des « neurones miroirs » qui invitent à une notion nouvelle de l’empathie. Mais il ne s’en tient pas à un abord spéculatif de ce que la pensée doit au corps, même instruite par la théorie de l’évolution. Car ces faits permettent de contredire le sens commun sur des questions classiques comme celle de l’hystérie et des TOC, sur des questions aussi complexes que celle de la schizophrénie : alors que la clinique a jusqu’ici interprété cette dernière comme une activation excessive de la sensorialité, il avance que c’est une mauvaise articulation avec l’activation du cortex, envahissant le cerveau sous-cortical, qui rend compte de la dissociation. Dans cette réévaluation, Le Cerveau magicien n’est jamais inutilement causaliste. Les données neurobiologiques introduisent à une compréhension et à un abord renouvelé des pathologies, sans que l’intelligence des dysfonctionnements réduise pour autant l’importance de ce qui revient à la pensée, dans ses conditions biologiques qui sont aussi ses ressources symboliques ou psychiques.

De quelle manière Monique David-Ménard, Centre d’études du Vivant, Derek Humphreys, Laboratoire de Psychologie Clinique et de Psychopathologie – Université Paris-Descartes, Pascal Nouvel, Département de Philosophie, Université de Paul Valéry – Montpellier III, ainsi que François Roustang, hypno thérapeute et philosophe, lisent-ils cet ouvrage ? Le Centre d’études du vivant qui a bénéficié dès sa création par Pierre Fédida de la présence active de Roland Jouvent se félicite de revisiter avec lui ces questions.

Entrée libre et gratuite.