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Séminaire commun : Liberté, peurs et identités

Publié le Catégories Tous, Séminaires

Séminaire commun des membres du Centre d’études du vivant

2e année

Sous le titre : « L’identité est-elle un concept scientifique ? », le séminaire tenu en 2007-2008 avait été conçu comme une première réflexion sur le thème de l’identité centrée autour du livre d’Ernesto Laclau « La guerre des identités. Grammaire de l’émancipation » (M.A.U.S.S./ La Découverte. Paris. 2000). Les intervenants, appartenant à des disciplines diverses (psychanalyse, biologie, sociologie, histoire, philosophie et droit) ont alors discuté de la problématique de l’identité à partir de leur approche disciplinaire et le plus souvent dans des séances à deux voix. La richesse des échanges au cours de cette première année de travail a fait apparaître « en creux » des pistes que l’on tentera d’approfondir cette année.

Une analyse plus poussée de l’usage politique du terme « identité », des manipulations auxquelles il peut conduire, des phénomènes d’identification entretenus est nécessaire. Mais elle ne peut être menée fructueusement sans qu’en même temps un retour ne soit effectué sur la question philosophique de la contingence et de la liberté aux sources de ce que l’on nomme identité. La problématique de la vérité devra également être évoquée aussi bien à propos de la psychanalyse qu’à travers les sciences biologiques.

Un parcours à travers la littérature et le cinéma de science-fiction montrera d’abord comment de nombreux auteurs ont utilisé le thème de l’angoisse (dans le rapport à soi-même et aux autres) à propos de l’identité, de la volonté de prédire et maîtriser les comportements et de la place du libre arbitre.

Dans l’ordre politique et juridique, l’identité ne peut être analysée que dialectiquement. Sa montée en puissance dans le discours politique accompagne l’encadrement policier des sociétés et le développement idéologique du concept de sécurité. Mais les luttes et les mouvements d’émancipation se développent aussi à travers des identités affirmées ou inventées, même si toute identité collective est marquée d’un caractère manipulatoire. Dans les sociétés contemporaines, l’identité est utilisée surtout comme un outil d’asservissement. Le droit pénal en est transformé dans ses piliers fondamentaux. L’exemple de la rétention de sûreté illustre cette dérive. L’enfermement n’est plus lié à la notion de peine. Il peut être prolongé sans nouveau fait condamnable, simplement en raison de la dangerosité supposée de l’individu. Cette dangerosité nécessite une démarche identifiante confiée à un corps de « sachants », les psychiatres supposés capables d’identifier les récidivistes potentiels. Ce nouveau marqueur social (le caractère dangereux comme signe d’une identité) ne fonctionne que si, parallèlement, les individus composant la société s’identifient à la victime, de manière à approuver les mesures préventives prises pour devancer le crime. Depuis la montée des nationalismes au XIXè siècle, la complexité des caractéristiques d’un individu et leur variabilité dans le temps, avaient été coiffés d’un identifiant unique symbolisé par la carte d’identité permettant de différencier les nationaux et les non nationaux. Aujourd’hui, s’y ajoute un autre processus identificatoire tout aussi falsifiant, celui entre les criminels en puissance et les victimes potentielles. Tout espace de citoyenneté disparaît alors.

La problématique de la contingence et de la liberté est au cœur de cette tension autour de l’identité. Comment chaque être nouveau, dès sa naissance, se constitue-t-il à travers une identité différente de celle de sa mère ? Comment ensuite dans le développement de la vie les identités se font-elles (ou se défont-elles ?) dans un échange permanent entre des déterminismes inévitables, des influences idéologiques et ce qui reste de liberté à chacun ? Cette contingence se retrouve dans la formation de l’identité d’un peuple par une unification qui est indifférente à la distinction entre vérité et illusion. Même dans les démocraties, en effet, certains intérêts unifient en une force politique des revendications différentes les unes des autres et ils définissent l’identité du tout par l’hégémonie provisoire de certains intérêts où tous se reconnaissent. Comment les idéaux et la norme de liberté qui se réfèrent à une essence vraie de la politique peuvent-ils se concilier avec les mécanismes, indifférents aux valeurs, par lesquels les identités se constituent ?

Séance introductive : Vendredi 23 janvier de 19h à 21h, amphithéâtre 11 E –

Halle aux Farines – Esplanade Pierre Vidal-Naquet

Métro Bibliothèque François Mitterrand

Présentation du séminaire par Monique Chemillier-Gendreau

et projection du documentaire de Thomas Lacoste « Rétention de sûreté, une peine infinie », en présence du réalisateur et de personnes ayant pris part au documentaire.

Les séances suivantes ont lieu le samedi de 10h30 à 12h30 salle 227 C – Halle aux Farines

Samedi 24 janvier

Ernesto Laclau

– La raison populiste

EN RAISON DES MOUVEMENTS DE GREVE QUI SE SONT DEROULES DANS LES UNIVERSITES LES SEANCES SUIVANTES N’ONT PU AVOIR LIEU OU N’AURONT PAS LIEU AUX DATES PREVUES.

Avec toutes nos excuses pour ces changements

VOICI LE NOUVEAU CALENDRIER

SAMEDI 30 MAI de 10h à 13h –

salle 227 C – 2e étage – Partie C de la Halle aux Farines

Monique CHEMILLIER-GENDREAU

Le droit pénal : outil du politique

et

SAMEDI 6 JUIN de 10h à 13h –

salle 227 C – 2e étage – Partie C de la Halle aux Farines

Jean-Claude AMEISEN

La volonté que la liberté de l’autre soit

François VILLA

Identité, servitude volontaire, politique de l’amitié : l’identité au péril des volontés

Entrée libre

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