salle de réunion

L’idée d’analyse

Publié le Catégories Tous, Séminaires

Séminaire proposé par Kazuyuki HARA (The University of Tokyo)

Jeudis 20 novembre, 18 décembre, 22 janvier, 19 mars

De 18h à 20h, salle 405 B

Halle aux Farines – Esplanade Pierre Vidal-Naquet – Paris 13e

 

L’idée d’analyse a une longue histoire dans la pensée occidentale, qui remonte jusque dans l’Antiquité grecque. La psychanalyse lacanienne a profondément marqué cette histoire où l’analyse a été toujours conçue comme décomposition, par une série de déplacements opérés dans sa configuration notionnelle, qui fait qu’elle n’est plus une simple méthode permettant de mieux connaître la nature humaine, mais que l’être de l’homme est lui-même « analytique », à condition que ce terme soit entendu dans un autre registre, longtemps refoulé mais non moins authentique, à savoir au sens de supposition.

Nous proposerons dans notre séminaire, qui se déroulera en quatre séances, de présenter comment la psychanalyse lacanienne articule cet être « analytique » de l’homme, en élaborant une conception particulière du langage, qu’on pourrait qualifier d’ « anthropo-logique » et qui implique une temporalité et une topique bien déterminées, pour être amenée à concevoir autrement les limites constitutives de la subjectivité. C’est dans le contexte de cette nouvelle « révolution analytique » que nous voudrions enfin nous interroger sur une alliance fructueuse entre psychanalyse et philosophie.

 

  1. La naissance de l’homo analyticus : jeudi 20 novembre

Dans cette première séance consacrée à une mise en perspective historique, nous présenterons les deux conceptions de « l’analyse » telles que nous pouvons les relever dans les deux sciences dominantes de l’Antiquité grecque –la logique et la géométrie- où l’analyse est définie respectivement comme la décomposition et la supposition.

Nous prendrons ensuite deux exemples du nœud formé par ces deux fils conducteurs de l’idée d’analyse, d’une part celui de Viète et Descartes, et d’autre part celui de Bichat et Freud, qui marquent deux étapes différentes de son histoire, dont la dernière est caractérisée par la réhabilitation de la supposition et par la nature doublement analytique de l’être humain, qui est susceptible de se décomposer en tant qu’il s’institue dans la supposition. C’est finalement la psychanalyse lacanienne qui franchit ce pas singulier dans l’histoire de l’idée d’analyse, en donnant une forme concrète à cet « homo analyticus ».

 

  1. Le langage e(s)t l’analyse : jeudi 18 décembre

Jacques Lacan a articulé l’être humain comme un être suspendu à la question du désir de l’autre, question à laquelle cet être tente de répondre par la voie de la supposition imaginaire et anticipative. Nous verrons dans la séance de décembre comment Lacan a repéré cette structure proprement existentielle, et « analytique » au sens de supposition, dans ses recherches sur la paranoïa, pour l’élaborer ensuite en se référant au « stade du miroir » et au « temps logique », et enfin l’articuler comme « chaîne signifiante », notion qui lui sert d’ailleurs d’axes de coordonnées lorsqu’il s’agit de redéfinir le complexe d’Œdipe, où le sujet apparaît essentiellement comme le sujet de la science, en tant qu’il est constamment amené à modifier son hypothèse concernant le désir de l’autre, pour arriver finalement à une figure déterminée de l’autre, qui est connu sous le nom de « père symbolique ».

 

  1. Les figures des limites constitutives de la subjectivité humaine : jeudi 22 janvier

L’appareil conceptuel de « la chaîne signifiante » permet de définir les limites constitutives de la subjectivité humaine qui se présentent chaque fois que l’Autre manque de fonctionner comme garant de la présence de l’autre imaginairement accessible, et que la supposition imaginaire et anticipative ne s’effectue plus que d’une manière explicite.

A la suite donc de la mise au point de cet appareil conceptuel, il s’agit pour lui d’articuler la dimension de l’Autre dans son instabilité essentielle. Pour ce faire, Lacan élabore la notion d’ « objet a », en l’illustrant par une série de dispositifs visuels (miroir concave, tableau et cadre), en précisant son statut par rapport aux objets pulsionnels, et en l’articulant à l’aide d’un schéma, logique destiné à représenter un type particulier de jugement disjonctif (« La bourse ou la vie ? »). Nous examinerons ces appareils conceptuels qui sont autant d’efforts pour donner une forme précise aux limites constitutives de notre être analytique, afin de nous interroger sur ce qui a amené Lacan à ses réflexions ultérieures qui tournaient autour du « nœud borroméen ».

 

  1. Analyser, aimer — psychanalyse et philosophie: jeudi 19 mars

Dans cette séance conclusive, nous tenterons d’articuler l’événement proprement psychanalytique que Lacan a présenté sous plusieurs formes (« métaphore de l’amour », « l’apparition d’ein neues Subjekt » etc.) en nous appuyant sur la conception de l’homme analytique, tel que nous l’avons dégagé des réflexions lacaniennes, pour le situer par rapport à la dimension événementielle que peut avoir la philosophie, en nous référant aux philosophes du XXe siècle qui ont développé leurs réflexions sous l’impact de la pensée psychanalytique.

 

 

 

 

 

 

Commentaires fermés sur L’idée d’analyse